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Kaze ga Tsuyoku Fuiteiru : j’ai cherché une vraie équipe comme Aotake au Hakone Ekiden

Où vit Aotake, comment marche le vrai Hakone Ekiden, et l’histoire de Yamanashi Gakuin, une équipe partie de presque rien jusqu’à Hakone.

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Dans Kaze ga Tsuyoku Fuiteiru (Run with the Wind), dix étudiants presque tous débutants, sans un seul remplaçant, visent le Hakone Ekiden. Dans la vraie vie, ce n'est pas possible tel quel : la dernière équipe qualifiée en 2026 a couru le semi-marathon en 1 h 04 de moyenne par coureur. Mais une équipe partie de presque rien y est arrivée : Yamanashi Gakuin, qualifiée moins de deux ans après l'arrivée de son entraîneur, et victorieuse en 1992. Je vous raconte son histoire en suivant le parcours d'Aotake, du dortoir de Setagaya jusqu'au lac Ashi.

Haiji annonce aux neuf résidents de Chikusei-sō qu'ils vont viser le Hakone Ekiden, épisode 1 de Kaze ga Tsuyoku Fuiteiru
Haiji annonce le projet Hakone aux résidents d'Aotake (épisode 1)

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Cet article raconte toute la série, fin comprise.


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Cet article existe aussi en vidéo, avec les extraits de l'anime, les cartes du parcours et les archives de Nippon TV de 1987.

Kaze ga Tsuyoku Fuiteiru : j'ai cherché une vraie équipe comme Aotake (et j'en ai trouvé une)Regarder sur YouTube

Dix coureurs, aucun remplaçant : pourquoi Aotake n'a pas droit à l'erreur

Pour tenter sa chance au Hakone Ekiden (箱根駅伝), la course relais universitaire du Nouvel An entre Tokyo et Hakone, une université doit aligner au moins dix coureurs aux qualifications. L'équipe d'Aotake en a dix. Aucun remplaçant.

Le règlement ne pardonne rien :

  • si l'un des dix ne peut pas prendre le départ des qualifications, l'équipe n'est même pas autorisée à courir ;
  • si l'un abandonne en route, l'équipe n'est plus classée.

Et à Hakone, les dix coureurs se passent une seule écharpe, la tasuki (襷) de leur équipe, de relais en relais jusqu'à l'arrivée.

Alors, dans la vraie vie, une équipe comme Aotake pourrait-elle aller à Hakone ? Pour le savoir, j'ai cherché dans cent ans de Hakone Ekiden une équipe qui lui ressemble. Mais pour voir à quel point elle lui ressemble, il faut d'abord savoir où vit Aotake.


Où se trouve Chikusei-sō, le dortoir d'Aotake ?

Tout commence au dortoir : Chikusei-sō (竹青荘), que tout le monde appelle aussi Aotake. Un vieux dortoir étudiant pas cher, où Haiji fait la cuisine pour tout le monde. Les résidents sont des débutants complets en athlétisme, et aucun ne sait que le bâtiment est officiellement le « centre d'entraînement du club d'athlétisme de l'université Kansei » (寛政大学陸上競技部錬成所).

Les indices du roman de Miura Shion

Ni l'autrice ni le studio n'ont désigné de modèle pour le dortoir ; en tout cas, je n'en ai trouvé aucune trace. Mais l'autrice a laissé des indices.

Cette autrice, c'est Miura Shion (三浦しをん), prix Naoki et prix des libraires japonais. Elle a publié Kaze ga Tsuyoku Fuiteiru chez Shinchōsha en 2006. Dans le roman, Chikusei-sō se trouve dans un petit quartier résidentiel à l'ancienne, coincé entre la ligne Keiō et la ligne Odakyū. La seule grande construction du coin, c'est le campus de Kansei. Les gares les plus proches sont Chitose-Karasuyama d'un côté, Soshigaya-Ōkura ou Seijōgakuen-mae de l'autre, toutes à plus de vingt minutes à pied.

J'ai donc relié ces trois gares sur une carte. Ça donne un triangle d'à peine 1,4 km², dans l'arrondissement de Setagaya. Chikusei-sō devrait être quelque part là-dedans.

Carte du triangle formé par les gares de Chitose-Karasuyama, Seijōgakuen-mae et Soshigaya-Ōkura à Setagaya, zone où se trouverait Chikusei-sō
Le triangle des trois gares citées dans le roman : environ 1,4 km²

L'anime tombe pile dedans. La rue commerçante où courent les résidents est celle qui part juste au nord de la gare de Soshigaya-Ōkura : la rue Ultraman, à un coin du triangle.

Rue commerçante Ultraman, au nord de la gare de Soshigaya-Ōkura (épisode 6)

L'université Kansei, c'est l'université Seijō ?

Il reste le plus gros indice du roman : le campus. Il se dit que l'université Kansei, c'est l'université Seijō, à l'autre coin du triangle. Wikipédia en japonais l'affirme, sans source.

J'ai voulu vérifier, et je pense que c'est juste. Dans l'épisode 2, on voit à droite une sorte d'escalier devant l'entrée de la bibliothèque : on retrouve le même à Seijō. Et au fond, le bâtiment a des verrières sur le toit, qu'on retrouve aussi en vue satellite.

Le campus de Kansei dans l'épisode 2 et l'université Seijō

C'est mon identification, pas une information officielle. Mais si Kansei est à Seijō, Chikusei-sō ne devrait pas être loin du campus, quelque part dans le triangle.

Le sentō de l'épisode 2 : Tsurunoyu

Dans l'épisode 2, la salle de bain du dortoir tombe en panne et tout le monde doit partir au sentō, le bain public. Quand Haiji entre dans le bain, les autres voient juste un oni : 「地獄に鬼が!」, « Un oni est arrivé en enfer ! »

Ce sentō existe : c'est Tsurunoyu (鶴の湯), à Setagaya. On le voit dès l'épisode 1.

Haiji entre dans le bain du sentō dans l'épisode 2 et les résidents le voient comme un oni
« Un oni est arrivé en enfer ! » (épisode 2)
Tsurunoyu (épisode 1)

La piste de Keiō à Hiyoshi

En refaisant la carte, j'ai aussi retrouvé les pistes d'athlétisme des universités. Il y en a une que je connais bien : celle de Keiō, à Hiyoshi, où j'ai passé deux ans. Et je crois bien que c'est elle qu'on voit dans l'épisode 9 : mêmes tribunes, mêmes arbres, même forme des bâtiments. Ce ne serait pas étonnant : Keiō fait partie des quatre universités du tout premier Hakone Ekiden, en 1920.

La piste de l'épisode 9, que j'identifie comme celle de Keiō à Hiyoshi

Ces lieux, et une trentaine d'autres, sont sur la carte MyAnimeTrip de Kaze ga Tsuyoku Fuiteiru.


Yamanashi Gakuin : Hakone d'abord, l'équipe après

Aotake n'a même pas le droit d'utiliser la piste de son université, mais ses coureurs ont au moins un toit.

L'équipe que j'ai trouvée part de plus loin encore. Pour se faire connaître, une université décide qu'elle ira au Hakone Ekiden. Comme Haiji : Hakone d'abord, l'équipe après. Il lui faut des coureurs, et avant tout quelqu'un pour les entraîner.

La demande arrive jusqu'à Sawaki Keisuke, l'entraîneur de l'université Juntendō. Lui pense à un ancien élève, un jeune professeur de collège à Kagawa, et lui dit : 「その学校が、箱根駅伝に出るためにチームを作りたいと言っている」「お前、行け!」 (« Cette université veut monter une équipe pour aller à Hakone. Vas-y ! »). Le jeune prof répond : 「山梨って関東ですか?」 (« Yamanashi… c'est dans le Kantō ? »)

Cette université, c'est Yamanashi Gakuin (山梨学院大学). Et à ses débuts, son équipe n'a ni dortoir ni terrain.


L'entraînement : les berges de la Tama, le lac Shirakaba et Kurumayama

Les entraînements d'Aotake se font sur les rives de la Tamagawa, au sud du quartier. C'est Haiji qui fait les menus d'entraînement : il est à la fois capitaine et coach.

Les berges de la Tama à Komae (épisode 3)

C'était pareil chez Yamanashi Gakuin. Quand tout le monde courait ensemble, le plus rapide, c'était l'entraîneur lui-même : le jeune prof de Kagawa, Ueda Masahito (上田誠仁), 26 ans.

À partir de l'épisode 12, Haiji emmène tout le monde en stage dans la montagne, au lac Shirakaba (白樺湖), dans la préfecture de Nagano. Ce coin-là, les coureurs de Yamanashi Gakuin le connaissaient aussi : l'été, ils s'entraînaient sur le plateau de Kurumayama, à quelques kilomètres du lac.

Le lac Shirakaba, lieu du stage d'été (épisode 12)

Le temps officiel et le yosenkai de Tachikawa

Le kirokukai : courir après un chrono

Tout cet entraînement vise une seule course : le yosenkai (予選会), la qualification pour le Hakone Ekiden, à Tachikawa. Mais avant même de s'y aligner, il faut un temps officiel. Pour s'inscrire, chaque coureur doit déjà avoir couru, au minimum, le 10 000 m en 34 minutes ou le semi-marathon en 1 h 13 (règlement de 2026). C'est pour ça qu'on voit Aotake enchaîner les kirokukai (記録会), les compétitions où l'on fait homologuer ses temps.

Le temps qui inquiète le plus, c'est celui d'Ōji. À la fin de l'épisode 8, Kakeru propose même de le sortir de l'équipe si son prochain chrono n'est pas bon. Ōji ne se défend pas : il demande à Haiji s'il peut même espérer un temps officiel (「僕でも記録は出せるのか?」). Toute la saison, il court après ce chrono. Il finit par le décrocher au dernier kirokukai, sur la même piste que le tout premier d'Aotake dans l'épisode 7 : celle du campus de Yokohama Kenshidai de l'université Nittaidai.

La piste du premier kirokukai, campus de Yokohama Kenshidai de Nittaidai (épisode 7)

Le yosenkai : un semi en 1 h 04, dix fois

Le chrono, pourtant, ne donne que le droit de s'inscrire. Pour aller à Hakone, il faut encore finir dans les dix premières équipes du yosenkai.

Chaque automne, le Kantō Gakuren (関東学生陸上競技連盟), la fédération universitaire d'athlétisme du Kantō, organise cette course de qualification. Seules ses universités membres peuvent tenter le Hakone Ekiden. C'est un semi-marathon : départ dans le camp de Tachikawa des Forces terrestres d'autodéfense, un passage dans les rues de la ville, arrivée dans le parc Shōwa Kinen. Chaque université aligne entre dix et douze coureurs ; on additionne les dix meilleurs temps de chaque équipe, et les dix meilleurs totaux sont qualifiés.

Le départ du yosenkai, camp de Tachikawa (épisode 15)
L'arrivée du yosenkai, parc Shōwa Kinen (épisode 16)

Au yosenkai du 17 octobre 2026, la dixième et dernière équipe qualifiée, Hōsei, a bouclé ses dix semi-marathons en 10 h 40 min 08 s. Soit environ 1 h 04 de moyenne par coureur. Pour comparer : au Semi de Paris 2025, le meilleur Français, Jean-Baptiste Michaux, a terminé en 1 h 04 min 02 s. À une seconde près le même temps. Sauf qu'au yosenkai, il en faut dix.

Aotake, sans aucune marge

Pour une équipe normale, ce système laisse de la marge : on fait courir douze coureurs, et les deux plus lents ne comptent pas. Aotake n'a pas cette marge. Avec dix coureurs, les dix temps comptent, y compris celui du dernier : le chrono d'Ōji pèse exactement autant que celui de Kakeru. Et si un seul ne finit pas, l'équipe n'a plus de temps total : elle n'est pas classée, seuls les temps individuels restent officiels.

L'équipe d'Ueda, elle, n'avait même pas assez de coureurs à son premier yosenkai, en 1985. Pour arriver au compte, elle a emprunté des sprinteurs au club de sprint. Assez de coureurs pour prendre le départ, donc. Mais à l'arrivée : éliminée.


L'aller : d'Ōtemachi au lac Ashi

Passer le yosenkai, c'est gagner le droit de courir 217 kilomètres en deux jours. L'équipe d'Ueda ne l'a pas passé. En janvier 1986, elle est quand même au départ du Hakone Ekiden : pas pour courir, pour regarder. Ses coureurs suivent la course en voiture jusqu'à Hakone, dorment sur place et regardent le retour jusqu'au bout. Le 4 janvier, Ueda les envoie reconnaître le parcours du 1er relais, à Tokyo. Ils se perdent, en short et en t-shirt, en plein mois de janvier.

Un an plus tard, ils étaient sur la ligne de départ, cette fois pour courir.

Le parcours, relais par relais

La ligne de départ est devant le siège du Yomiuri Shimbun, à Ōtemachi. Cinq relais mènent au lac Ashi le premier jour (2 janvier), cinq autres ramènent à Ōtemachi le lendemain : 217,1 km au total.

Relais Parcours Distance Coureur d'Aotake
1 Ōtemachi → Tsurumi 21,3 km Ōji
2 Tsurumi → Totsuka 23,1 km Musa
3 Totsuka → Hiratsuka 21,4 km Jōta
4 Hiratsuka → Odawara 20,9 km Jōji
5 Odawara → lac Ashi (montée) 20,8 km Shindō
6 Lac Ashi → Odawara (descente) 20,8 km Yuki
7 Odawara → Hiratsuka 21,3 km Nico-chan
8 Hiratsuka → Totsuka 21,4 km King
9 Totsuka → Tsurumi 23,1 km Kakeru
10 Tsurumi → Ōtemachi, par Nihonbashi 23,0 km Haiji

Distances : règlement de la 102e édition (2026). Coureurs d'après l'anime.

Le départ du Hakone Ekiden devant le Yomiuri Shimbun, à Ōtemachi (épisode 17)

Relais 1 à 4 : Ōji doit aller au bout

Le premier jour, la tasuki part avec Ōji. L'objectif d'Aotake, c'est de finir dans les dix premiers. Pour ça, chaque coureur doit d'abord arriver au bout : si un seul abandonne, l'équipe peut continuer avec une tasuki de remplacement, mais elle n'est plus classée. En 2008, trois universités ont abandonné en cours de route.

Pour moi, ce n'est pas un hasard si Haiji a mis Ōji en premier : derrière lui, il reste neuf coureurs pour rattraper son retard. Ōji n'a pas besoin d'être rapide. Il doit juste aller au bout, quoi qu'il en coûte. Et ça lui coûte.

Puis Musa prend le 2e relais, le plus long du premier jour, avant les jumeaux Jōta et Jōji.

Dans l'anime, plus Kansei devient populaire, plus Musa reçoit de critiques. Et il n'est pas le premier étudiant étranger du 2e relais. En 1989, Joseph Otwori, un étudiant kényan, y dépasse sept coureurs et signe le meilleur temps du relais. À l'époque, une partie des fans le critique, simplement parce qu'il est étranger. Il court pour Yamanashi Gakuin, quatre ans après les sprinteurs empruntés.

Relais 5 : la montée de Shindō, et pourquoi on court jusqu'à Hakone

Au 5e relais, Shindō part d'Odawara avec de la fièvre. Devant lui : 20,8 km de montée jusqu'au lac Ashi.

Cette montée, je l'ai faite. En bus. Le chauffeur était fan de la course et la racontait dans les virages. Sauf qu'à côté de moi, une voyageuse voulait discuter, et je n'ai rien entendu. L'histoire de la route, je suis donc allé la chercher moi-même.

Elle commence à Stockholm, en 1912, avec Kanakuri Shizō (金栗四三), le premier marathonien olympique du Japon. Rentré au pays, il devient l'un des principaux artisans du Hakone Ekiden.

Le Hakone Ekiden devait servir de qualification à un projet bien plus fou. En octobre 1919, Kanakuri lance l'idée dans un train : un relais de San Francisco à New York, à travers les Rocheuses. Trop grand pour l'époque : on commence par une qualification nationale. Trois tracés sont étudiés. Tokyo-Mito est jugé trop plat, Tokyo-Nikkō mal relié, et Tokyo-Hakone retenu parce que sa montée peut rappeler les Rocheuses. Le relais américain n'a jamais eu lieu ; la qualification, elle, est restée.

Cette montée, Ueda la connaît par cœur : avant d'entraîner, il courait pour Juntendō, où il a couru trois fois le 5e relais.

En haut, l'arrivée du premier jour est installée à l'entrée du parking du lac Ashi. Shindō y termine la journée ; Yuki repartira de là le lendemain matin. Juste à côté, le musée du Hakone Ekiden (箱根駅伝ミュージアム) se trouve à l'arrivée du 5e relais et au départ du 6e.

L'arrivée du 5e relais et le départ du 6e, au lac Ashi (épisode 17)

Le lendemain, les équipes ne repartent pas toutes dans l'ordre d'arrivée. Celles qui ont fini à moins de 10 minutes du vainqueur du premier jour repartent avec leur écart réel ; toutes les autres partent ensemble, 10 minutes après lui.

Aotake a un cri pour cette course : 「箱根の山は?」「天下の険!」 (Hakone no yama wa ? Tenka no ken !), « Les montagnes de Hakone ? Les plus abruptes du monde ! ». La phrase vient de Hakone Hachiri (箱根八里), une chanson de 1901 sur l'ancienne route de Hakone. Mais la montée n'est que la moitié du parcours : repartir du lac Ashi, c'est redescendre de Hakone, et la descente est tout aussi brutale. Demandez à Yuki.


Le retour : la peur que la tasuki n'arrive pas

Le lendemain matin, Aotake part dans le groupe des retardataires : ils ont fini derniers le premier jour.

Les coureurs de Yamanashi Gakuin sont passés par là aussi. En 1987, pour leur première participation, 15e à l'aller à 15 min 31 s du leader, ils partent dans le groupe. Ils signent quand même le 13e temps du retour.

Yuki prend le 6e relais : 20,8 km de descente jusqu'à Odawara. À l'arrivée, il a les pieds en sang. Puis Nico-chan au 7e jusqu'à Hiratsuka, et King au 8e jusqu'à Totsuka. Au 9e, Kakeru court le plus long relais du retour, 23,1 km jusqu'à Tsurumi. Et au 10e, Haiji : de Tsurumi à Ōtemachi en passant par Nihonbashi, 23 km, avec une jambe qui lâche.

Le kuriage et la tasuki « blanche »

La peur de toute l'équipe, c'est que la tasuki n'arrive pas. Si une équipe a trop de retard, son coureur suivant part sans l'attendre : c'est le kuriage (繰り上げ). L'organisation lui donne alors une tasuki de remplacement, qu'on appelle souvent la « tasuki blanche ». En réalité, elle est rayée jaune et blanc. Et elle ne sert jamais au 5e ni au 10e relais : là, chaque équipe court avec la sienne.

La place de tête de série, jusqu'au dernier kilomètre

Au 10e relais, il se joue souvent autre chose que la victoire. Les dix premières équipes du classement général gardent leur place pour l'année suivante, sans repasser par le yosenkai : c'est la place de tête de série (シード権). Yamanashi Gakuin décroche la sienne en 1989, l'année d'Otwori, pour sa troisième participation.

Cette place peut se perdre au tout dernier moment. En 2022, le coureur du 10e relais de Tōkai part en 8e position. Victime d'un incident en course, il est dépassé à Nihonbashi, à un kilomètre de l'arrivée, et Tōkai perd la dernière place de tête de série.

C'est ce qui se joue pour Kansei dans l'épisode 23, quand Haiji se bat jusqu'au bout.

Le pont de Nihonbashi, dernier kilomètre du 10e relais (épisode 23)

Alors, une équipe comme Aotake pourrait-elle aller à Hakone ?

Dix débutants, sans remplaçant ? Non. La dixième équipe du dernier yosenkai a couru en 1 h 04 de moyenne, neuf minutes sous le minimum exigé pour simplement s'inscrire.

Une équipe partie de presque rien ? Oui. Yamanashi Gakuin est arrivée à Hakone moins de deux ans après l'arrivée d'Ueda ; d'après le magazine Number, aucune équipe n'avait fait aussi vite. Pas avec dix débutants : avec bien plus que dix coureurs, et sans aucune star. En 1992, elle gagne le Hakone Ekiden.

L'arrivée à Ōtemachi (épisode 23)

👉 Revoir l'histoire en vidéo sur YouTube


Préparer votre visite

Infos pratiques

  • Le quartier d'Aotake : Setagaya, Tokyo, entre les gares de Chitose-Karasuyama (ligne Keiō), Soshigaya-Ōkura et Seijōgakuen-mae (ligne Odakyū). La rue commerçante de l'anime part de la sortie nord de Soshigaya-Ōkura. Les berges de la Tama sont au sud du quartier.
  • Université Seijō (modèle probable de Kansei) : près de la gare de Seijōgakuen-mae. C'est un campus en activité : on le regarde depuis la rue.
  • Lac Shirakaba (stage d'été d'Aotake) : préfecture de Nagano.
  • Le parcours du Hakone Ekiden : départ et arrivée devant le siège du Yomiuri Shimbun à Ōtemachi ; arrivée du 1er jour et départ du 2e à l'entrée du parking du lac Ashi, à Hakone-machi.
  • La course : la 103e édition a lieu les 2 et 3 janvier 2027. En 2026, le départ était donné à 8 h chaque jour, pour une arrivée vers 13 h 30.
  • Musée du Hakone Ekiden (箱根駅伝ミュージアム) : 167 Hakone, Hakone-machi, au bord du lac Ashi. Ouvert tous les jours, de 10 h à 16 h 30 en semaine et de 9 h 30 à 17 h le week-end et les jours fériés (dernière entrée 30 min avant). Entrée : 750 yens (adultes), 550 yens (écoliers et collégiens). Accès : bus Hakone Tozan depuis la gare de Hakone-Yumoto jusqu'à l'arrêt « Hakone-machi-kō » (environ 22 min par la ligne R), puis 1 min à pied. L'ancien trophée de la course y est exposé depuis le 19 juillet 2025.
  • Sur la carte MyAnimeTrip : tous les lieux de Kaze ga Tsuyoku Fuiteiru
  • Infos vérifiées le 27 octobre 2026.

Les lieux de l'anime, par quartier

Lieu Où Épisodes Sur la carte
Gare de Soshigaya-Ōkura Setagaya 1 voir la scène
Rue commerçante de Soshigaya (Ultraman) Setagaya 6 voir la scène
Parc de Soshigaya Setagaya 1 voir la scène
Université Seijō (Kansei) Setagaya 2 voir la scène
Tsurunoyu Setagaya 1 voir la scène
Berges de la Tama (aire de jeux de Shorin) Komae 3 voir la scène
Nittaidai, campus de Yokohama Kenshidai Yokohama 7, 14 voir la scène
Campus Keiō de Hiyoshi Yokohama 9 voir la scène
Lac Shirakaba Chino (Nagano) 12 à 14 voir la scène
Camp de Tachikawa et parc Shōwa Kinen (yosenkai) Tachikawa 15, 16 voir la scène
Yomiuri Shimbun, Ōtemachi (départ et arrivée) Chiyoda, Tokyo 17, 19, 23 voir la scène
Relais de Tsurumi et de Totsuka Yokohama 17, 19 voir la scène
Gare de Hakone-Yumoto Hakone 17 voir la scène
Arrivée du premier jour, lac Ashi Hakone 17 voir la scène
Pont de Nihonbashi Chūō, Tokyo 23 voir la scène

Épisodes d'après la carte MyAnimeTrip. Tous les lieux sont sur la carte de Kaze ga Tsuyoku Fuiteiru.


Sources

Le Hakone Ekiden et le yosenkai

Yamanashi Gakuin et Ueda Masahito

Kanakuri Shizō et l'origine de la course

L'œuvre

Visite et comparaisons